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Décision de prise en considération de la 2e ligne de tram
par le ministre des transports: décision rendue le 18/04/2002
Une étape importante a été franchie pour la 2e ligne
de tramway: le ministre de l'équipement, du logement et des transports
(Jean-Claude Gayssot) a indiqué qu'il acceptait de «prendre
en considération» le projet, jugé utile pour les
habitants de l'agglomération, dans le cadre d'une subvention de
l'Etat, qui peut atteindre 35% du coût total du projet. En soit c'est
déjà une bonne nouvelle pour le tramway!
Mais de plus, le ministre indique les conditions que doit respecter
l'agglomération avant même de pouvoir déposer la demande
de subvention. Ces conditions, qui pour une bonne part vont dans le sens
de ce que nous demandons, vont empêcher l'agglomération de
tenter un passage en force (comme le fait habituellement son président,
G.Frêche, par ailleurs maire de Montpellier, lorsqu'il s'agit de
questions gérée uniquement au niveau local).
Lisez donc la décision du ministre:
Vous pouvez également lire la Circulaire
n°2001-51 du 10 juillet 2001 relative aux aides de l'État à
la mise en oeuvre des plans de déplacements urbains et aux transports
collectifs de province: un peu lourd (page HTML, 168 Ko, facilement
20 pages en tassant bien), mais c'est la doctrine officielle pour l'attribution
des subventions. Cette circulaire, publiée au Bulletin Officiel
du Ministère de l'Équipement montre à quel point Montpellier
est loin des conditions requises pour obtenir une subvention: pas encore
de PDU, pas de volonté de diminuer l'usage de la voiture, rien pour
encourager la marche à pied (et trop peu pour le vélo), pas
de politique du stationnement décourageant l'accès en voiture
au centre.
Et que dire de ces excellentes conditions requises:
"apporter
une véritable amélioration de service pour les usagers, correspondant
à leurs besoins et à leurs attentes" (on nous propose
un tracé qui n'intéresse personne est sera trop lent), "optimiser
l'intermodalité, notamment l'accès aux transports collectifs
par les modes non motorisés" (de vagues parkings d'échange,
et le mépris pour les vélos et les piétons), "s'intégrer
dans les quartiers qu?ils desservent ou traversent..." (comme aux Beaux-Arts?),
"prendre
en compte les aspects sonores" (toujours aucune amélioration
sur la première ligne, aucun effort n'est fait, et la deuxième
ligne devrait être tout aussi tortilleuse).
Cette information a été reprise dans l'Hérault
du Jour (La Marseillaise) du 21/04/2002 (71Ko), mais visiblement le
journaliste n'a pas vraiment lu le texte de la décision.
On peut cependant comprendre ceci dans la lettre du ministre:
-
L'agglomération doit avoir terminé (et approuvé) son
Plan de Déplacements Urbains (PDU) avant de demander la subvention.
On le savait déjà, mais ce point est répété,
et c'est important car le PDU doit lui-même respecter des conditions
assez précisions pour être accepté. En particulier,
il doit expliquer la stratégie choisie pour diminuer le trafic automobile
et donner des objectifs chiffrés. Or il est clair que le projet
de PDU actuel, centré sur des rocades et le doublement de l'autoroutes,
plus le tramway prévu de longue date, est bien loin de cet objectif
et reste dans des considérations on ne peut plus floues qui ne correspondent
absolument pas aux buts du PDU. On peut prévoir un bon retard dans
le PDU (qui aurait dû être terminé en décembre
1999... on comprend l'impatience du ministère), d'autant qu'il manque
des points essentiels dans le projet actuel: quelles mesures contraignantes
sur la circulation automobile? quelle politique de stationnement, à
part les parcs-relais du tram? quelles mesures pour aider les piétons
et les cyclistes? quelles mesures pour améliorer les services de
bus et les correspondances? À tout cela, le projet actuel répond
"le tramway", mais cette réponse risque de ne pas être suffisante.
-
Des études de faisabilité sur la 3e ligne de tramway devront
avoir été déjà faites, et la concertation avec
la population engagée: avec cette condition, on imagine le sort
qui peut être réservé à la promesse par Frêche
de la ligne 3 sur le Courreau pour tenter de faire passer l'absence de
la ligne 2 sur le Jeu de Paume.
-
En attendant la 3e ligne, la ligne de bus n°15 (du centre à
la Paillade par la route de Lodève) doit être améliorée.
Ce qui confirme bien que la ligne 1 n'a jamais servi à relier la
Paillade au centre, et rappelle à l'agglomération que le
tramway n'est pas la solution à tout, mais que les bus restent encore
utiles!
-
Le ministère s'étonne visiblement de voir le tramway desservir
des zones de garrigue inhabitée, et demande comment les zones desservies
seront urbanisées. Il indique également que dans les communes
manquant de logements sociaux, il faudra en construire près du tram
(dans des quartiers mixtes). En bref, le ministre souhaite que le tram
desserve les zones densément urbanisées, ce qui est l'évidence
même, alors que l'agglomération préfère au contraire
éviter les zones urbanisées "du passé", et les urbaniser
à des conditions plus rentables qu'en y construisant des logements
sociaux.
-
Le projet doit préciser la politique de stationnement, et indiquer
comment permettre aux résidents de la ville de ne pas utiliser leur
automobile (actuellement, il est souvent rentable pour eux d'utiliser la
voiture pour ne payer le parcmètre) et dissuader les habitants de
la périphérie de venir aux centre en voiture, et les parcs-relais
doivent être précisés: il est vrai que tout cela reste
assez flou pour l'instant: dans la brochure du PDU, en réponse au
stationnement anarchique sur les trottoirs, l'agglomération ne propose
que les parkings d'échange du tramway!
-
L'aménagement des «pénétrantes» doit être
précisé, ainsi que les mesures pour aider les piétons
et les cyclistes («modes doux»). Donc, interdit de laisser
le flou sur la RN113 à Castelnau, par exemple: y aura-t-il une ou
deux voies conservées? Une piste cyclable? Des trottoirs?
-
Les conséquences «socio-économiques» de la première
ligne doivent être mesurées selon des méthodes précises.
Non, ça n'a pas été fait! On sait que beaucoup de
gens utilisent la ligne 1 (et pour cause: il n'y a plus de bus...), mais
on ne sait pas si cela leur a fait gagner du temps, ou s'ils en profitent
pour se déplacer plus souvent ou pour sortir plus tard!!!
La subvention peut couvrir 35% du coût total, mais dans la limite
de 4.5 millions d'euros par km, c'est-à-dire que pour avoir 35%
de subvention il ne faut pas dépasser un coût de 12 millions
d'euro (79 millions de francs) par km. Un rappel intéressant pour
ceux qui tendent à reconstruire toute la ville sous prétexte
de tramway. Et un encouragement à éviter les aménagements
coûteux, parmi lesquelles nous pourrions mentionner les deux traversées
de la voie SNCF du tracé de l'agglomération (inexistantes
dans le nôtre). À noter que les portions en voie unique, plus
économiques à construire, ne comptent que pour la moitié
de la distance.
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