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Les infos |
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Début des travaux pour la ligne 2
La DUP signée pour de bon, aucun recours déposé
Cette fois c'est parti: la DUP du tramway étant signée,
et aucun recours n'ayant été déposé contre
elle, les travaux démarrent pour de bon.
Pourquoi le Collectif Tramway n'a-t-il pas déposé de
recours? Principalement parce que la justice administrative
étant ce qu'elle est (c'est-à-dire, historiquement, une
faveur qui permet aux administrations de ne pas être soumis au
droit commun), un recours risquait fort de n'être victorieux
qu'au bout de 5 ans, après une procédure qui
traîne, et un jugement en appel. Ceci n'aurait pas permis de
bloquer les travaux, ni de les réorienter dans un sens plus
satisfaisant pour la qualité des transports de
l'agglomération. Une éventuelle victoire aurait
été "platonique", comme souvent au TA: vous avez raison,
mais comme les travaux sont terminés ou presque, maintenant on
ne peut pas revenir en arrière. C'est la victoire de la
dictature d'un homme seul sur la démocratie, mais c'est ainsi
que cela fonctionne dans notre doux pays.
Le tracé retenu cristallise toujours autant d'oppositions.
L'Agglo ne peut compter que sur la passivité d'une bonne partie
de la population, tenue dans l'ignorance du projet en cours
(après 5 ans de négociation et au début des
travaux, la plupart des gens ignorent encore où doit passer la
2e ligne). Tout a été fait dans ce sens. Ce n'est pas ici
qu'on aurait vu, comme ailleurs, le dossier de la DUP librement
accessible par internet, ou encore la tenue d'un
référendum sur le projet ou sur le tracé (comme
cela avait été promis par Frêche en 1999, voir la
revue de presse).
Les seuls à être satisfaits sont:
- les entrepreneurs de travaux publics: Frêche est un
bétonneur hors pair, ce tramway est terriblement coûteux
à construire, de leur point de vue c'est une grosse
qualité.
- les bureaux d'ingénierie du groupe de la Caisse des
Dépôts et Consignations: TRANSDEV (Tam) et EGIS (SEMALY et
BCEOM). Montpellier est un excellent client pour eux, qui doivent
produire moult rapports coûteux démontrant tout et son
contraire selon la direction du vent. Cette stratégie est
cependant une vue à court terme: quand les projecteurs se
tourneront vers la situation à Montpellier, on peut parier que
des questions seront posées sur les raisons qui ont conduit
à construire un tramway aussi absurde, et cela risque
d'être une publicité assez mauvaise pour le groupe EGIS et
surtout pour TRANSDEV, qui vise à une image d'entreprise
sérieuse reconnue dans le monde entier. Les informations
circulent vite dans ce microcosme.
Le viaduc Loubat continue
Quant au viaduc Loubat, le recours de Michel Julier a été
rejeté pour une raison de forme. Mais ce n'est que partie
remise, ce viaduc reste illégal car dénué
d'enquête "loi Bouchardeau" tout en ayant été exclu
de la DUP de la ligne 2. Une épée de Damoclès
reste suspendue au dessus, un recours en bonne et due forme peut
être déposé à tout moment.
À ce propos, on apprend les nouvelles suivantes qui prouvent que
Montpellier marche bien sur la tête:
- À Grenoble, un autopont construit dans les années
1960, à l'époque de la folie automobile, vient
d'être démolie pour laisser la place à un tramway.
Le cauchemar aura duré une quarantaine d'années.
Montpellier suit le même exemple, avec 40 ans de retard.
- À Strasbourg, un viaduc routier doit être
démoli pour permettre le passage du tramway (un pont plus
modeste doit être construit à la place). Actuellement, le
tramway est bloqué à cause d'un recours qui touche ce
viaduc.
Montpellier est la seule ville française à construire un
autopont en plein centre-ville, au 3e millénaire. La
présence d'écologistes dans la majorité de la
ville et de l'Agglo n'y fait rien, pas plus qu'elle n'évite
à Montpellier d'être une des rares villes où la
collecte sélective des déchets est presque inexistante
(entre autres problèmes chauds concernant les déchets),
une des villes où le taux de motorisation est le plus
élevé (il y a peu de différence entre la banlieue
de Montpellier et celle d'une ville américaine), et où le
billet de bus est parmi les plus chers de France, malgré un
réseau de bus déficient et volontairement sacrifié
pour augmenter artificiellement les chiffres de fréquentation du
tramway.
Branle-bas de combat dans l'Écusson
La piétonnisation de l'Écusson a démarré.
Si presque personne n'a d'objection sur le fond, les modalités
font l'unanimité contre elles: le système, quand il
fonctionne, semble arbitraire et irréaliste. Il existe pourtant
des exemples de zones piétonnes plus étendues, et qui
fonctionne bien malgré des restrictions très fortes de
circulation et de stationnement: peut-être faudrait-il
suggérer aux élus de Montpellier de visiter certaines
villes d'Italie du Nord, spécialistes en la matière (avec
des méthodes simples mais efficaces): Ferrare, Florence, Pise,
Sienne,...
Hélas non, la mairesse et ses amis, ainsi que l'ancien maire
Frêche qui a fixé les modalités de la
piétonnisation juste avant d'officiellement quitter la mairie
(bien qu'il partage encore la photo de la mairesse sur le mot de la
mairesse du bulletin municipal, autre curiosité locale), n'ont
pas daigné observer la mise en place de la
piétonnisation: ils étaient à Athènes, aux
frais du contribuable, pour assister aux Jeux Olympiques.
Côté transports publics, le Petitbus a repris du service,
cette fois sous son ancien nom de Guilhem, pour desservir
l'Écusson. Comme la ligne 2 du tram, l'itinéraire du
Guilhem est tellement sinueux que même une personne
âgée peut le battre à la course. D'autant qu'il a
bien de la peine à manoeuvrer dans les virages, entre les
palmiers et les véhicules arrivant en face. Et leur
légendaire manque de fiabilité mécanique reste
d'actualité: un Petitbus est tombé en panne le jour de la
mise en service!
La ligne 1 coupée au Corum
Depuis juillet, la ligne 1 fonctionne en voie unique entre la
Comédie et le Corum: les travaux dans cette zone sont lourds,
entre la construction de nouvelles voies et d'une nouvelle station, la
pose d'aiguillages, et la construction de l'autopont du Corum (dit
"viaduc Loubat"). Pour cela, des "aiguillages californiens" ont
été posés: il s'agit de systèmes
démontables qui constituent un saute-mouton, permettant aux
tramways de passer d'une voie à l'autre en passant par dessus
les rails normaux, mais à très petite vitesse (vitesse
limitée à 5 km/h) et avec beaucoup de bruit.
Mais le mieux est à venir: pendant 2 mois, du 19 septembre
au 20 novembre, la ligne 1 sera totalement coupée au niveau du
Corum.
Pour les usagers, il s'agira de descendre dans une station temporaire
et de marcher 300 mètres jusqu'à l'autre station, "dans
un environnement protégé" selon la Tam, mais probablement
quand même au milieu des chantiers.
Le problème est plus sérieux pour les 9 rames qui seront
laissées du côté Antigone et qui ne pourront pas
rejoindre le centre de maintenance de La Paillade pendant 2 mois. La
Tam semble étonnamment confiante sur la fiabilité des
rames, qui ne pourront subir que de la petite maintenance pendant cette
durée.
Point positif, les aiguillages permettront, techniquement, aux rames de
la ligne 2 de passer par la Comédie, ainsi que d'autres
combinaisons. Contrairement au tracé qui verrouille une mauvaise
solution pour longtemps, les aiguillages permettront eux le maximum
d'évolutions.
La gare routière en cours de démolition
La gare routière est définitivement fermée, et le
parking des gares dont elle occupait l'espace supérieur est en
cours de démolition, petit à petit. La plupart des bus,
de façon d'ailleurs très peu commode, ne rejoigne plus le
centre-ville. Ceux qui le rejoignent encore (navette aéroport,
autobus internationaux Linebús et Eurolines, quelques Courriers
du Midi, bus La Populaire vers Millau) sont à l'ancienne gare de
marchandises, et l'ancienne gare de conteneurs a été
remplacée par un parking en attendant une grosse
opération immobilière baptisée "nouveau St-Roch"
par l'ancien maire, principale motivation d'ailleurs au passage du tram
par l'avenue de Maurin plutôt que le boulevard Clemenceau. En
outre, Montpellier est la seule ville à avoir baptisé sa
gare SNCF bien que n'ayant qu'une seule gare: la mairie a même
planté, à la va-vite, quelques panneaux qui indiquent
"Gare St-Roch" (ce nom semblant avoir remplacé celui pressenti
de "Gare Maguelone", à l'époque où l'ancien maire
prétendait faire construire une gare TGV à
proximité d'Odisséhum, projet heureusement tombé
dans les oubliettes).
On peut soupçonner que ces opérations immobilières
lucratives sur le domaine ferroviaire ont encouragé RFF et la
SNCF à se prêter de bon coeur au petit jeu qui a permis de
débuter la construction du "viaduc Loubat" sous un faux nez,
avant que la mairie et l'Agglo ne se dévoilent.
Le chaos en ville?
Nombreux sont ceux qui redoutent des travaux très
éprouvants, en particulier sur la circulation. À voir, ce
ne sera peut-être pas le cas, le tramway n'empruntant que des
petites rues et non les axes principaux (raison pour laquelle il
n'apportera pas une alternative intéressante à la
voiture, d'ailleurs).
En attendant, ce sont surtout les piétons qui sont
pénalisés, et ceci malgré la piétonnisation
de l'Écusson: le stationnement sauvage sur les trottoirs est
devenu tellement généralisé, en l'absence de toute
répression de la part de la police municipale, que même en
plein été alors que les places de stationnement sont
abondantes, les trottoirs restent squattés par les voitures et
inutilisables par les piétons. Mais ceci est un simple
problème de volonté, de consignes données à
la police municipale, et de gestion du service de fourrière:
ceci n'a rien à voir avec la construction d'une ligne de
tramway, mais on peut cependant s'inquiéter qu'une ville
incapable de faire fonctionner une fourrière municipale tente de
construire un tramway coûtant environ 450 millions d'euros (3
milliards de francs)!
Qui vivra verra!
La ville bouge, ouvrez bien les yeux.
Contact à propos de ce site web: mjulier@free.fr