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Des nouvelles des autres tramways français
Strasbourg et Paris: deux avis négatifs surprenants
À Strasbourg, un autopont des années 1960 devait
être dynamité. À la place des voitures
surélevées et qui coupent un quartier en deux, la mairie
souhaitaient construire le tramway au niveau de la rue, dans le but de
rapprocher les quartiers, et en même temps en restreignant le
trafic automobile (motivation donnée timidement pour ne pas
froisser les électeurs automobilistes), mais peut-être
aussi en réduisant la vitesse commerciale du futur tramway (ceci
est un effet indésirable). À quelques jours de la
démolition, le tribunal bloque la décision. Il reste donc
à Strasbourg un autopont qui n'a plus sa couche de roulement et
que la mairie considère dangereux à cause des trous qui
avaient été percés en vue du dynamitage.
À Paris, on retrouve une polémique sur
l'itinéraire à choisir. Non que le tracé
proposé soit sinueux comme à Montpellier, mais il passe
par le boulevard de ceinture (boulevards de Maréchaux), alors
que juste à côté il existe une voie ferrée
désaffectée mais utilisable qui est entièrement en
site propre et permettrait une vitesse plus élevée. La
mairie défend le boulevard, pour la meilleure desserte du tissu
urbain, les correspondances avec les métros, mais aussi la
volonté de limiter l'espace de la voiture (grâce à
la construction d'une ligne de tram). Sur le premier tronçon,
dit TMS (Tramway des Maréchaux Sud), tout s'est bien
passé ou presque. Mais lors de l'enquête pour le
prolongement de la ligne T2 (actuellement La Défense-Issy
Plaine, vers la Porte de Sèvres et au-delà la Porte de
Versailles, jusqu'à rejoindre le TMS), contre toute attente la
Commission d'Enquête a descendu les arguments de la mairie (pas
assez convaincants, en particulier la limitation de l'espace de la
voiture: des plates bandes plantées seraient aussi efficaces
qu'une ligne de tram s'il s'agit juste de supprimer 2 voies de
circulation!), et donné un avis défavorable, ce qui est
très rare dans une enquête publique. Mais s'agissant d'une
enquête "Loi Bouchardeau" et non une DUP (car aucune
expropriation n'est nécessaire), le projet n'est pas pour autant
bloqué, mais juste fragilisé car si les opposants forment
un recours, celui-ci a plus de chances d'aboutir.
Des subventions réduites partout, mais pas autant
qu'à Montpellier
C'est un secret de polichinelle que de dire que le gouvernement
Raffarin n'a pas spécialement soutenu les projets de transports
urbains. Les financements ont été pratiquement
supprimés, ce qui concerne toutes les villes et pas seulement
Montpellier. Outre le manque de volonté politique, il y a aussi
l'explosion du nombre de projets de tramways, qui a posé de
sérieux problèmes budgétaires.
Cependant, on remarque que la subvention reste de 20 MEuros à
Strasbourg, contre 5 MEuros à Montpellier (Frêche s'en est
d'ailleurs bruyamment offusqué), et on apprend maintenant qu'il
y aurait 20 MEuros également pour Bordeaux.
Le cas de Montpellier est à part
Drôle de situation à Montpellier:
- un projet tordu et dont les justifications sont obscures ou non
présentables
- une population qui s'est prononcée en masse contre le
tracé proposé (l'enquête publique a bien
montré que les quelques pétitions commandées
à la va-vite par l'Agglo ne faisaient pas le poids!),
malgré où ambiance locale où l'habitude est de ne
pas discuter ce qui est imposé par en-haut.
- une autorité de contrôle (Préfecture,
Ministère des transports) qui a visiblement baissé les
bras, comme s'ils s'étaient dit "ils veulent faire ça,
à Montpellier, eh bien qu'ils le fassent, mais qu'ils se
débrouillent tous seuls".
- en corrolaire: une quasi-absence de subventions, malgré
les efforts méritoires du député Grand... qui
pourrait bien voir le tram s'arrêter à l'entrée de
Castelnau-le-Lez s'il manquait de l'argent pour aller plus loin!
Mais est-il normal que l'État cesse de faire son travail?
Pourquoi le Préfet, qui joue son rôle de contrôle de
légalité avec fermeté dans les dossiers des
ordures ménagères et du retraitement des eaux
usées, a-t-il subitement signé la DUP du tramway,
malgré des formes anormales (élus qui ne peuvent
s'exprimer qu'après avoir voté, vote ayant lieu de toute
façon sur un dossier que les élus n'ont pas pu lire), et
malgré un fond peu convaincant (les réponses au rapport
de la commission d'enquête sont fort peu instructives)?
Les conséquences pourraient bien être très
négatives pour la population de l'agglomération de
Montpellier: un tram réduit à la section Jeune
Parque-Castelnau gendarmerie, une troisième ligne
reportée aux calendes grecques, une boucle du Lez inutile et
inefficace, une mauvaise desserte du centre-ville, et une dette
inquiétante.
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