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Palavas quitte l'Agglo, le bus disparaît
Depuis le 1er janvier 2005, la commune de Palavas-les-Flots a
quitté la Communauté d'Agglomération de
Montpellier. La commune avait saisi au vol un amendement conçu
par des socialistes audois mais applicable à Palavas. La demande
devait se faire avant la fin 2004, avec un accord (ou non) du
Préfet avant la fin de l'année. Or donc, le Préfet
a donné son accord pour Palavas le 30 décembre 2004, sans
doute pour éviter des pressions et des recours suspensifs au
tribunal, mais le fait est que cela ne laisse que 2 jours pour se
retourner.
Donc plus que 31 communes dans l'Agglo. De quoi repenser au dessin de
Gaston (dessinateur local), lors du passage de 38 à 32 communes,
où l'on voyait un personnage porter une planche de bois dont les
coins partaient en morceaux, en disant: "L'inconvénient de
l'agglo, c'est que ça s'effrite".
Face à cela, l'Agglo semble utiliser sa compétence en
matière de transports publics comme un pouvoir de nuisance, et
elle a décidé de supprimer les bus qui vont à
Palavas à compter du 1er janvier. Tant pis pour les usagers,
qu'ils soient scolaires, abonnés, ou autres. Pour l'instant, il
ne semble d'ailleurs pas prévu de rembourser les abonnés
dont le bus a ainsi été supprimé.
Les bus départementaux (Hérault Transport) qui doivent
prendre la relève font la fine bouche: il faut un appel
d'offres, une procédure accélérée ou une
convention provisoire serait illégale, on peut donc imaginer un
bus Palavas-Lycée Champollion d'ici 2 mois, par contre pour la
ligne régulière Montpellier-Palavas il faut compter 6
mois. À ce compte, à la prochaine inondation qui touche
le département, on interdira l'envoi de barques car il faut
publier un appel d'offres et la procédure entière dure 6
mois. Ceci ne semble pas très sérieux.
S'il est logique que la ligne Montpellier-Palavas sorte du giron de la
TAM (qui dépend de l'Agglo), il est plus difficile de comprendre
pourquoi la relève entre bus urbains et bus
départementaux ne peut se faire sans accrocs. Lorsque la
Grande-Motte avait fait partie (brièvement) de l'Agglo, on n'a
pas vu le département interrompre brutalement le service de bus
et l'Agglo annoncer un délai de 6 mois avant de créer une
nouvelle ligne de bus. Ceci ressemble fort à une basse vengeance
contre les habitants de Palavas, mais est-ce le bon argument pour les
faire changer d'avis?
Il semblerait normal que Montpellier, qui cherche à attirer les
touristes, soit correctement reliée à la mer par les
transports en commun. Ceci n'a jamais été le cas (du
moins depuis la disparition du petit train), avec un bus trop rare et
toujours bondé vers Palavas (avec correspondance obligatoire au
tramway Port-Marianne), et un bus encore plus rare vers les plages de
Carnon (un bus par heure en plein été). Lors de
l'enquête publique pour le Plan de Déplacements Urbains
(PDU), la conclusion comprenait une recommandation qui était "Mieux
prendre en compte les besoins des communes littorales". Il n'en est
donc rien, et c'est bien malheureux. Faudra-t-il donc afficher dans le
métro de Paris, "si vous venez à Montpellier, venez
en voiture, sinon vous ne verrez pas la mer"?
Concernant le tramway, la ligne n°3 était déjà
compromise (reportée "aux calendes grecques" selon
G.Frêche), aujourd'hui c'est pire encore car tous les terminus
successivement envisagés ont aujourd'hui quitté l'Agglo:
Palavas-centre, Palavas-les-Roquilles, Carnon, l'Aéroport de
Fréjorgues (commune de Mauguio-Carnon).
Tout ceci ne serait pas complet sans signaler ce qu'indiquent les
afficheurs lumineux à l'intérieur des autobus de la TAM:
"Suite à la demande de la Mairie de Palavas, TAM
n'a plus le droit de desservir Palavas"
Si l'on comprend que la mairie de Palavas a interdit de présence
les bus de la TAM sur la commune, on se trompe. La phrase n'est en
effet pas totalement fausse, juste un peu elliptique. Voici comment il
faut visiblement la comprendre:
"Suite à la demande de la Mairie de Palavas [de
quitter l'Agglomération de Montpellier, et suite à
l'accord donné par le Préfet], TAM n'a plus le droit de
desservir Palavas [par ordre des instances dirigeantes de
l'Agglomération de Montpellier]"
Actualisation du 8 janvier 2005:
Cette semaine, on a vu l'Agglomération utiliser le genre de
mesures dont la ville de Montpellier est coutumière:
démontage nocturne de panneaux de signalisation et d'abris-bus,
coupure du courant pour l'éclairage d'abris-bus. Le plus fort
reste cependant du côté de la ville de Montpellier: la
verbalisation par la police municipale des autobus
affrêtés par Palavas, pour infraction au stationnement! On
dirait que malgré le départ de Georges Frêche, ses
méthodes sont toujours appliquées, et même en pire
que de son temps...
Du côté de Palavas, on bricole: mise en place de voitures
de locations, puis de minibus, conduits par la police municipale. Ceci
est modérément convaincant, plutôt coûteux,
et d'une légalité douteuse.
Le Préfet a vivement réagi, le 5 janvier: tout en
critiquant les mesures de rétorsion un peu puériles de
l'Agglo, il a sommé le département de mettre en place un
service de bus de remplacement d'ici au 7 janvier. Ceci sans mentionner
les autres questions du problème (déchets, eaux
usées...).
Mais alors, le 7 janvier, Vézihnet du département de
l'Hérault a expliqué tout le mal qu'il pensait de la
sortie de Palavas de l'Agglo, et l'impossibilité selon lui
à mettre en place un service de remplacement en moins de 6 mois.
En réalité, il est possible que le problème se
débloque plus tôt, car la ville de Palavas a saisi le
tribunal administratif (pour rupture de la continuité du service
public), et l'audience en référé est prévue
pour le 13 janvier.
Le tout laisse une désagréable impression de gamins en
train de se battre dans une cour de récréation (avec le
Préfet comme surveillant et le Tribunal comme directeur
d'école). Cette bataille stérile ne va rien changer au
fond de l'histoire: il n'y a pas de quoi convaincre Palavas de revenir
dans l'Agglo. Et ce sont les usagers des transports en commun qui sont
sacrifiés sur l'autel de la guéguerre politicienne. Pour
rétablir l'équilibre entre les modes de transport,
peut-être faudrait-il rétablir l'octroi de Palavas pour
les voitures qui passent d'une commune à l'autre. Et
espérons que dans cette histoire, la boucle cyclable
Montpellier-Palavas-Carnon-Palavas dont le département a
décidé l'aménagement ne va pas elle aussi
s'arrêter à la nouvelle frontière de
l'Agglomération.
Ce n'est hélas pas demain la veille qu'on va pouvoir discuter de
la ligne 3 de tramway qui devait rejoindre Palavas!
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